Bronzes Animalia

Louis Vidal

(1831 - 1892)

Louis Vidal, dit «Navatel» ou «Vidal l’Aveugle», fut l’élève des sculpteurs animaliers Antoine-Louis Barye (1795 – 1875) et Pierre Louis Rouillard (1820 – 1881). Il exposa lors de l’Exposition universelle de 1855, puis participa régulièrement au Salon, où il reçut une médaille en 1861. Vidal souffrait d’une grave maladie qui le rendit progressivement aveugle. Pourtant, il ne cessa pas de pratiquer son art. Il était apprécié du public et bénéficiait du soutien d’amateurs éclairés et de figures de son époque, notamment la princesse Mathilde et la famille Rothschild. Certains de ses bronzes furent acquis par l’État, à l’image du Cerf mourant, qui avait été présenté au public lors du Salon de 1863, puis lors de l’Exposition universelle de 1867.

Ses sculptures ont fait sensation, comme en témoignent les articles de l’époque :

« Les yeux de Vidal sont passés au bout de ses doigts, et ses doigts gardent le souvenir de ce qu’ils touchent〈…〉. Son Cerf mourant est plein de poésie et de difficulté. Aveugle, l’auteur a fait une œuvre magnifique. Qu’eût-il produit s’il avait eu la vue ?… »

– H. Francingues, dans la Revue des races latines.

Le fils de son maître, Alfred Barye (1839 – 1882), fut un soutien essentiel pour l’artiste. Dans son Dictionnaire des sculpteurs, Stanislas Lami évoque la relation entre les deux hommes. Si Vidal démontrait une extraordinaire habilité à représenter ce qu’il touchait, il lui était difficile de juger de l’ensemble d’une œuvre. Pour cela, il fut aidé par Alfred Barye qui aurait retouché ses sculptures. La patine de notre épreuve n’est d’ailleurs pas sans rappeler les tons rouges et verts de certains bronzes fondus par l’atelier Barye dans les années 1860. 

Littérature

– HFrancingues«Exposition des Beaux-Arts », Revue des races latines, vol. 39, Paris, Juillet 1863, pp. 298 – 299.

– J.-C. Hachet, Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers & fondeurs de l’Antiquité à nos jours, Paris, Argusvalentines, volume 1, 2005, pp. 647 et 802 (repr.).

– P. Kjellberg, Les bronzes du XIXe siècle : Dictionnaire des sculpteurs, Paris : Les éditions de l’amateur, 1996, pp. 640 – 641.

– S. Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, vol. 4, Paris : É. Champion, 1921, pp. 356 – 357.

– M. Poletti et A. Richarme, Barye : Catalogue raisonné des sculpturesParis : Gallimard, 2000, p. 48.

 

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