Bronzes Animalia

Christophe Fratin

(1801 - 1864)

Vautour dévorant une gazelle

Bronze à patine brune

H. : 13 cm ; L. : 13 cm ; P. 9 cm

Signé «FRATIN»

Cachet  de fondeur « DAUBRÉE », estampillé à trois endroits sur le promontoire

Épreuve de fonte ancienne

Avant 1885

Fratin a souvent représenté la lutte et la prédation, à travers des scènes d’une grande expressivité. En cela, il s’intègre pleinement dans le courant romantique. Sans doute fut-il fortement influencé par Géricault lorsqu’il travaillait dans son atelier. Le sculpteur présente son Vautour dévorant une gazelle au Salon de 1835 avec d’autres pièces, notamment : le Tigre terrassant un jeune chameau, l’Eléphant tuant un tigre et la Lionne apportant une proie à ses lionceaux

Dans le catalogue publié en 1850, une dizaine d’oeuvres représentant des vautours et des aigles sont mentionnées, notamment : l’Aigle et vautour se disputant un chamois (n° 187) et l’Aigle et vautour (n° 190), même modèle mais plus petit. Ces groupes sont de dimensions variables mais reprennent souvent deux éléments de composition : un promontoire rocheux et un axe traduisant le rapport de force, de haut en bas, du prédateur à la proie, du plus fort au plus faible.

Ce modèle très rare est vraisemblablement une réduction de la version du Salon. Les petits groupes de Fratin étaient très appréciés pour leur expressivité et leur finesse. L’épreuve est par ailleurs mentionnée dans la littérature sous le titre «Condor et gazelle». Dans l’ouvrage de Pierre Kjellberg, cette oeuvre est ainsi évoquée comme exemple de bronze de Fratin fondu par Alfred Daubrée. L’artiste éditait ses bronzes mais ne possédant pas sa propre fonderie, il travaillait en collaboration avec des fondeurs, notamment ce dernier. 

Une lithographie représentant le Vautour dévorant une gazelle de Fratin est reproduite dans le tome XI de la revue « L’Artiste », publié en 1836. L’article «De la sculpture et des bronzes de Fratin» permet de mieux appréhender le talent et la volonté du sculpteur, tout en soulignant le regard que les amateurs portaient sur les bronzes à cette époque. Ces quelques extraits révèlent l’importance du Salon de 1835 pour cet artiste, dont la carrière prenait alors un tournant. 

«〈…〉aucun artiste n’a mis à profit mieux que M. Fratin son temps et ses études des deux dernières années. Le Salon de 1835 nous a montré ce laborieux et ardent statuaire tout autre que nous le connaissions. La volonté unie à un travail à la fois facile et persévérant, ne saurait demeurer sans fruit. Aujourd’hui M. Fratin, à peine dans la force de l’âge, a déjà ébauché et achevé une infinité de compositions. 

«Il faut surtout louer M. Fratin d’avoir cherché à répandre la connaissance des avantages de toute espèce qu’offrirait l’emploi de la fonte dans la décoration des édifices publics ou particuliers. Ce projet, il l’a exécuté, non-seulement en artiste qui ne ménage ni son talent ni son temps, mais encore aux dépens de sa fortune, c’est-à-dire par le genre de sacrifice dont on est le plus avare aujourd’hui. Tous ses groupes ont été fondus à ses frais. Et avec les dispositions actuelles du public, rien n’était plus douteux que de trouver des acheteurs pour ces bronzes.»

Littérature

– L’Artiste, journal de la littérature et des beaux-arts, volume XI, 1836, pp. 46 – 47, repr. après la p. 48. 

– P. Kjellberg, Les bronzes du XIXe siècle : Dictionnaire des sculpteurs, Paris : Les éditions de l’amateur, 1996, p. 322.

Catalogue de tous les modèles en bronzes publiés et inédits de M. Fratin, vente 16-18 avril 1850, Me Bonnefons de Lavialle, Paris, Maulde et Renou, 1850.



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